6 questions à... Eve Brémond, créatrice de la société Box Fish Production

Publié le 11/10/2019

A quelques jours de la diffusion sur Canal+ de sa dernière production, "Wonder Boy" réalisé par Anissa Bonnefont, Eve Brémond revient sur son "expérience" avec la CCI.

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Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?

Box Fish Production est la société de production de films que j'ai créée en avril 2018, après dix ans à parcourir cette industrie (production, tournages, chaîne de télévision, distribution).

Son activité se concentre sur la production de documentaire de création et de fiction à vocation des diffuseurs français mais aussi des distributeurs européens et internationaux. Box Fish Productions souhaite accompagner de jeunes auteurs et réalisateurs animés d'une profonde passion et d'une détermination à toute épreuve.  La ligne éditoriale propre au documentaire repose sur le désir de défendre des films qui retracent des destins hors du commun par le prisme de thématiques de société. Les projets de fictions s'orientent eux vers la comédie et le fantastique.

Quel rôle la CCI a-t-elle joué pour vous et votre activité ?

Le rôle de la CCI a été déterminant dans l'élaboration de mon projet de création de société de production audiovisuelle. La CCI n'étant pas particulièrement familiarisée avec cette industrie, j'ai dû développer plus en profondeur mon business modèle et mon analyse du marché.

Les échanges avec la CCI ont vraiment été précieux dans cette étape délicate de concrétisation d'une telle entreprise. C'est un accompagnement que je recommande à tout entrepreneur qui souhaite approfondir sa démarche et solidifier son projet.

Depuis votre installation, où en êtes-vous ? Quels sont vos réussites, vos réalisations, événements marquants…?

“WONDER BOY”, réalisé par Anissa Bonnefont, sera diffusé le 16 octobre 2019 sur Canal+ et est distribué par StudioCanal à l'international. Nous avons pu faire une belle avant-première fin septembre et la presse est enchantée par le film. Une version longue du documentaire sortira ensuite en salles le 27 novembre prochain.

La société produit en parallèle un court-métrage « je suis partagé.e » réalisé par Olivier Wright, qui répond à l'appel à projet du Nikon Film Festival sur le thème du partage.

La création de mon logo et de ma charte graphique a aussi été un moment marquant pour moi. J'évolue dans une industrie où l'image est reine c'est pourquoi trouver le bon positionnement était important.

Quels sont vos prochains projets ?

En post-production, le documentaire de 52minute destiné à France Ô et NC1ère, “K18 – Anatomie Kanak” , réalisé par Mathilde Lefort et Martin Jayet, retrace le parcours de la première femme Kanak qui tente d'accéder au pouvoir dans le contexte de quête d'indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

Les projets en développement s'orientent aujourd'hui vers le long-métrage de fiction, avec le premier film co-réalisé par Anne-Sophie Lombrail et Denis Rouden, une comédie familiale sur le thème de la famille recomposée, intitulé “We are family” actuellement en cours de financement.

D'autres projets sont encore à l'étape de concept et prendront forme très prochainement afin de disposer d'un panel de projets variés de sorte à multiplier mes chances sur le marché.

Si vous aviez à recruter, quels profils rechercheriez-vous ?

Si je pouvais recruter je privilégierai un profil d'assistant de production destiné à m'accompagner autant sur la gestion administrative de la structure que sur la communication mais aussi sur le développement des projets.

Quelle est aujourd'hui votre priorité ?

Ma priorité à ce jour est mener à terme les projets sur lesquels je me suis engagée. Soit respecter mon planning de livraison pour le documentaire « K18 – Anatomie Kanak » mais aussi réussir à rentrer en financement sur le long-métrage « We are Family ». Pour cela il est nécessaire que le scénario soit le plus solide possible, je vais donc faire appel à un script doctor et en parallèle faire faire un devis estimatif du film. C'est véritablement l'accord des comédiens pour les rôles principaux qui me permettront de présenter un dossier complet au partenaires financiers que j'approcherai.

Je reste aussi attentive à tous les projets de documentaire et fiction que l'on me propose afin d'initier des nouvelles collaborations avec des talents émergents. Enfin, je démarche activement mon réseau pour proposer mes prestations de productrice exécutive.

L'actualité dont je dispose avec la diffusion de WONDER BOY est une période propice au développement de mes projets. Je tente donc de multiplier les rencontres et rendez-vous en partagant cette première réussite et ainsi lancer la suite.

Le timing semble donc aussi adapté à la création de mon site internet.

Rencontrez-vous des difficultés dans le cadre de votre activité ? Si oui, lesquelles.

Les difficultés sont nombreuses mais je ne m'attendais pas à ce que se soit facile ! Afin de développer mon activité j'ai dû réinvestir tous les fonds dégagés sur mes premiers projets, je ne suis donc pas en mesure de me payer. C'est un équilibre délicat mais cette phase de prise de risque est nécessaire. Je ne dispose pas non plus de moyens suffisant pour me déplacer sur des événements professionnels nécessaires au développement de mon réseau. Enfin, être seule dans cette aventure n'est pas toujours évident. D'une part la masse de travail est considérable et d'autre part il est délicat d'initier une vision stratégique cohérente sans fonds solides pour le développement des films. Je me tourne donc vers des producteurs plus établis dans le métier afin de discuter en toute bienvaillance de ces différents sujets.

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